Notre Terroir · La Distillerie en famille
Distillation d’été à chamaloc
La distillation d’été à Chamaloc concentre l’histoire, les gestes et le rythme de la famille Aubanel au moment où la lavande fine et le lavandin arrivent à l’alambic. En août, la maison vit au tempo des coupes, des cuves et de la vapeur.

Une maison familiale ancrée dans le temps long
Des années 1930 à aujourd’hui, une histoire de continuité
La chronologie familiale commence avant même la fondation officielle : dès 1920, la famille Aubanel participe à la cueillette de la lavande. En 1930, elle passe à la culture, au moment où le lavandin apparaît dans le paysage provençal avec les travaux de Monsieur Grosso et Monsieur Abrial. Cette bascule dit déjà l’essentiel : une activité enracinée dans le végétal, mais attentive aux évolutions du métier.
Le premier tournant matériel intervient en 1950, lorsque Simon Aubanel investit dans un premier alambic fixe de 500 litres à Nyons. En 1966, la distillerie est déplacée à Die, puis relocalisée à Chamaloc en 1981. Ce changement de site ne marque pas une rupture, mais une réorganisation de l’outil autour d’un même cœur d’activité : récolter, distiller, valoriser.
La suite de l’histoire montre une modernisation par étapes. En 1994, Alain Aubanel installe deux cuves inox de 5 000 litres, signe d’un changement d’échelle sans abandon des principes de la distillation à la vapeur d’eau. En 2000, Maxime Méjean rejoint le groupement, inscrivant la continuité familiale dans une organisation élargie.
Les investissements de 2010 et 2022 confirment cette logique. D’abord, un échangeur thermique et une nouvelle chaudière de 2,5 tonnes ; ensuite, une chaudière de 5 tonnes et l’adoption de caissons de distillation de 28 m³. Dans cette histoire, la technique évolue nettement, mais le métier reste le même : transformer la plante par un outil adapté à son époque.
À chamaloc, la saison d’août met la famille au centre
À Chamaloc, au pied du Vercors, la distillerie s’inscrit dans une exploitation d’environ 30 hectares. C’est là que le mois d’août concentre l’essentiel du travail visible : les parcelles se vident, les arrivées de végétaux s’enchaînent, et les journées s’organisent autour d’un même rythme, celui de la récolte puis de la transformation.
Pour la lavande fine et le lavandin, cultivés sur place, le cadre compte directement : à 700 mètres d’altitude, les conditions du Diois conviennent à ces deux cultures, avec des hivers marqués et des étés secs. En août, cette réalité agricole devient concrète : les temps de coupe, les passages à la distillerie et la disponibilité du matériel structurent la saison bien plus qu’à d’autres moments de l’année.
La distillation d’été à Chamaloc correspond ainsi à une chaîne d’opérations très resserrée. Une fois coupés, les végétaux doivent être pris en charge sans attendre inutilement : acheminement jusqu’au site, préparation des charges, alimentation de l’alambic, surveillance du cycle, puis récupération séparée de l’huile essentielle et de l’hydrolat. Ce tempo donne à août sa physionomie particulière : moins une simple période d’affluence qu’un enchaînement précis de gestes techniques, répétés de lot en lot.
Pour le visiteur, cette saison se lit aussi dans des signes très concrets : va-et-vient des remorques, odeur plus présente autour du bâtiment, vapeur au moment des passages en distillation, zones de dépôt temporaire des coupes, circulation plus réglée sur le site. L’activité commence tôt et se prolonge selon les récoltes du jour, avec une marge réduite pour l’improvisation. C’est ce qui fait d’août un moment à part : en quelques semaines, tout se joue dans l’articulation entre la coupe au champ et la transformation immédiate.
Une direction à plusieurs voix, entre héritage et adaptation
La direction actuelle repose sur un trio clairement identifié : Alain et Cécile Aubanel, avec leur associé Maxime Méjean. Cette organisation dit quelque chose de précis du fonctionnement de la maison : la transmission ne se limite pas à un nom de famille, elle passe aussi par la répartition des responsabilités, les choix d’investissement et la continuité du travail saisonnier.
L’arrivée de Maxime Méjean dans le groupement en 2000 s’inscrit dans cette logique d’adaptation. La maison conserve son socle historique, tout en intégrant des décisions techniques et commerciales qui répondent aux besoins actuels : évolution des installations, maintien d’un outil de production opérationnel en pleine saison, et structuration d’un accueil du public dans une distillerie qui fait partie des sites ouverts à la visite en Provence.
Concrètement, une direction à plusieurs voix permet d’articuler des tâches qui ne relèvent pas du même tempo. D’un côté, il faut préparer la campagne, suivre l’état du matériel, organiser les approvisionnements et anticiper les périodes de forte activité. De l’autre, il faut assurer la présence sur site, répondre aux visiteurs, présenter le fonctionnement de la distillerie et maintenir une lecture claire de ce que fait la maison. Cette complémentarité compte particulièrement dans une structure où la saison impose son rythme et laisse peu de place à l’improvisation.
Dans le cadre de la distillation d’été à Chamaloc, cette répartition des rôles devient très concrète. Elle aide à faire tenir ensemble plusieurs exigences : enchaîner les opérations au bon moment, garder les installations disponibles pendant les pics d’activité, coordonner les gestes techniques avec l’accueil du public, et préserver une continuité de service malgré la pression de la saison. C’est aussi ce qui permet à l’exploitation de rester lisible : une maison familiale dans son héritage, mais organisée de façon suffisamment souple pour absorber les besoins pratiques d’aujourd’hui.
Le rythme concret de la distillation d’été
Lavande fine et lavandin, deux récoltes, deux tempos
La différence commence dès la coupe. Pour la lavande fine, la récolte n’entre pas immédiatement dans l’alambic : les tiges sont coupées puis laissées 1 à 2 jours au champ, afin de sécher au soleil avant le chargement. Ce préfanage réduit l’humidité de la plante et correspond au rythme propre de cette matière première, plus légère et plus délicate dans sa préparation.
Le lavandin suit une logique nettement plus directe. Une fois coupé, il est broyé puis acheminé sans préfanage vers le caisson de distillation. Il arrive donc en vert, avec un circuit plus rapide entre la parcelle et l’outil de production. Cette différence de traitement n’est pas un détail d’organisation : elle conditionne le tempo de toute la journée de travail pendant la distillation d’été à Chamaloc.
- Lavande fine : coupe, repos au champ pendant 1 à 2 jours, puis distillation.
- Lavandin : coupe, broyage, transport immédiat, puis distillation directe.
Les durées de distillation confirment cet écart de cadence. La lavande fine demande en général 20 à 30 minutes. Le lavandin, lui, mobilise un cycle plus long, d’environ 50 minutes. À l’échelle d’une pleine saison, ces écarts de quelques dizaines de minutes modifient concrètement l’enchaînement des chargements, la rotation des équipes et la gestion des lots.
- Point clé : la lavande fine passe par une phase de séchage au champ.
- Point clé : le lavandin est distillé directement après récolte.
- Conséquence pratique : les deux plantes ne s’inscrivent pas dans le même rythme de coupe ni dans la même durée de passage.
Des alambics anciens aux caissons de 28 m³
À Chamaloc, l’organisation de l’atelier répond d’abord à une contrainte très concrète : faire entrer, en peu de temps, des plantes fraîchement coupées dont la qualité dépend de la rapidité de prise en charge. La distillation d’été à Chamaloc repose donc sur un enchaînement précis entre arrivée des coupes, pesée, chargement, distillation, vidage et remise en service. La présence conjointe d’alambics anciens et équipements modernes ne relève pas d’un effet de contraste : elle permet surtout d’adapter l’outil à des lots, des rythmes et des volumes différents selon les journées.
Dans la pratique, les cuves inox servent à sécuriser les opérations répétées qui accompagnent une campagne dense : circulation plus régulière des matières, nettoyage plus simple entre deux passages, meilleure lisibilité des étapes pour l’équipe. Ce type d’équipement n’efface pas les gestes artisanaux ; il les rend plus fluides quand les chargements s’enchaînent. Sur une saison courte, ce gain de régularité compte autant que la capacité pure, car il limite les temps morts et aide à maintenir une qualité homogène d’un lot à l’autre.
Les caissons de distillation de 28 m³ répondent, eux, à un besoin très opérationnel : recevoir directement des volumes importants de végétaux et réduire les manipulations intermédiaires. Un caisson peut accueillir jusqu’à 10 tonnes de végétaux, ce qui change la logistique quotidienne : moins de transvasements, un chargement plus continu, un vidage mieux anticipé, et une circulation plus nette entre la zone de réception et la zone de distillation. Quand plusieurs coupes arrivent dans un laps de temps resserré, cette configuration aide à suivre le terrain sans désorganiser l’atelier.
- Repère d’usage : l’atelier est pensé pour traiter rapidement des plantes fraîches, avec un enchaînement serré entre réception, chargement, distillation et nettoyage.
- Repère pratique : les cuves inox facilitent les opérations répétitives de campagne et contribuent à stabiliser le rythme de travail sur plusieurs jours d’affilée.
- Repère de capacité : les caissons de 28 m³, pouvant recevoir jusqu’à 10 tonnes de végétaux, réduisent les manutentions et améliorent la gestion des arrivées massives en pleine saison.
Ce que l’on voit vraiment autour de l’alambic en été
Autour de l’alambic, la distillation d’été à Chamaloc se lit d’abord dans les gestes de chargement : les cuves et les caissons sont remplis de végétaux, puis la vapeur d’eau est envoyée sous pression. La donnée utile à retenir est simple : la vapeur circule à 110 °C, avec une pression envoyée de 500 kg de vapeur, afin de traverser la masse végétale et d’entraîner les molécules aromatiques.
Le circuit devient ensuite très concret à observer dans l’atelier : les tuyauteries chauffent, les sorties sont surveillées, et chaque étape s’enchaîne sans flottement pour éviter les temps morts. En pleine saison, l’attention porte autant sur la circulation de la vapeur que sur la régularité du débit, l’état du chargement et la rapidité de remise en route entre deux cuves. Autour de l’installation, on voit surtout une organisation précise : acheminer les plantes fraîchement coupées, fermer correctement les ensembles, suivre la montée en régime, puis préparer immédiatement la charge suivante pendant que la précédente termine son passage.
- Lavande fine : un cycle court, avec un rendement d’environ 7 kg d’huile essentielle par distillation.
- Lavandin : un volume bien plus important, avec un rendement d’environ 100 kg d’huile essentielle.
- Cadence de saison : l’enchaînement des charges impose un rythme continu, dicté par l’arrivée des végétaux, la disponibilité des cuves et la rotation des installations.
- Condenseur évaporatif : il allège le fonctionnement quotidien en pleine saison en réduisant fortement les besoins en eau, ce qui compte lorsque les passages se succèdent toute la journée.
Ce que l’on voit, en pratique, ce n’est donc pas un geste isolé, mais une chaîne précise : charger, envoyer la vapeur, surveiller le passage, recueillir en continu, vider, puis relancer rapidement l’installation pour tenir le rythme de la journée.
Des choix de maison qui se lisent dans les faits
Entre bio, HVE et valeurs parc, des engagements mesurables
L’agrément Bio obtenu en 2010 ne relève pas d’un affichage isolé : il engage une manière de travailler où la traçabilité, la séparation des lots et la rigueur des opérations comptent autant que le résultat final. Dans une activité saisonnière où les apports se succèdent rapidement, cet agrément suppose un cadre précis : identification des matières entrantes, suivi des passages et vigilance constante sur la conformité des pratiques tout au long de la campagne.
Les démarches Haute Valeur Environnementale et Valeurs Parc se lisent de la même manière : non dans un discours général, mais dans les équipements et leurs effets mesurables. Le condenseur évaporatif, intégré aux modernisations récentes, a apporté une baisse documentée de 80 % de la consommation d’eau. À cela s’ajoutent 50 % d’électricité en moins et 25 % d’énergies fossiles en moins, des chiffres qui donnent un contenu concret à l’idée de responsabilité agricole et artisanale.
- Bio : agrément obtenu en 2010.
- Eau : réduction de 80 % grâce au condenseur évaporatif.
- Électricité : baisse de 50 %.
- Énergies fossiles : baisse de 25 %.
- Pratique : suivi des lots et organisation adaptée aux passages de la saison.
Dans le cadre de la distillation d’été à Chamaloc, ces données montrent une ligne de conduite simple : conserver un outil capable d’absorber l’intensité de la saison tout en réduisant les consommations associées. Les engagements de la maison ne se devinent donc pas à part du travail ; ils apparaissent directement dans le fonctionnement quotidien des installations, dans la gestion des flux, dans l’attention portée aux ressources mobilisées et dans la capacité à maintenir des repères mesurables d’une campagne à l’autre.
Une distillerie de lavande ouverte sur d’autres plantes aromatiques
Un point mérite d’être clairement posé : l’ancrage agricole local de la maison repose sur la lavande fine et le lavandin. Ce sont les deux plantes cultivées sur les parcelles de Chamaloc et qui structurent la saison estivale.
Le reste du catalogue ne relève pas du même statut. Pour des références comme le thym, le romarin à camphre, la menthe poivrée, le géranium rosat, le tea tree, l’immortelle, le laurier noble, la sauge sclarée ou encore les résineux tels que l’épicéa commun, le pin sylvestre, le sapin pectiné ou le mélèze d’Europe, la maison intervient selon deux modalités : distillation pour d’autres producteurs ou revente sélective.
- Cultivés à Chamaloc : lavande fine, lavandin.
- Distillés pour d’autres producteurs : selon les lots et les campagnes, différentes plantes aromatiques et médicinales.
- Proposés au catalogue sans culture locale systématique : huiles essentielles, eaux florales et produits dérivés issus d’une sélection cohérente avec le métier de distillateur.
Cette distinction est importante dans la lecture de la distillation d’été à Chamaloc: elle évite de confondre origine agricole, travail de distillation et offre commerciale. Une distillerie peut donc rester profondément liée à la lavande tout en proposant d’autres plantes aromatiques, à condition de nommer précisément leur provenance et leur mode d’intégration au catalogue.
Le résultat est lisible : un cœur de production local, identifié et stable, complété par une gamme plus large qui reflète le savoir-faire de transformation et de sélection, sans brouiller ce qui est réellement cultivé sur place.
FAQ sur la distillation d’été à chamaloc
Peut-on visiter la distillation d’été à Chamaloc avec des enfants ?
Oui, la visite est généralement accessible aux familles, à condition de garder en tête qu’il s’agit d’un site de travail en pleine saison. Pendant la distillation d’été à Chamaloc, les allées et venues des remorques, la chaleur autour des installations et le rythme des opérations demandent une vraie vigilance. Pour de jeunes enfants, mieux vaut privilégier un moment calme de la journée et prévoir une surveillance rapprochée tout au long du parcours.
Peut-on acheter sur place autre chose que de l’huile essentielle de lavande ou de lavandin ?
Oui. Le catalogue ne se limite pas aux deux plantes cultivées à Chamaloc. La maison propose aussi des eaux florales ainsi que des savons, cosmétiques, bougies, diffuseurs naturels, sachets parfumés, bouquets, confitures et sirops. Pour d’autres plantes aromatiques et médicinales, comme le thym, le géranium rosat ou le laurier noble, il faut bien distinguer la culture locale de l’activité de distillation pour d’autres producteurs ou de sélection-revente.
Combien de temps se conservent une huile essentielle et une eau florale achetées en été ?
Une huile essentielle se conserve généralement plusieurs années si elle reste bien fermée, à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’air. Une eau florale est plus fragile : après ouverture, il est préférable de la garder au frais et de l’utiliser dans un délai plus court. La date indiquée sur l’emballage reste la meilleure référence. Une odeur altérée, un trouble inhabituel ou un changement de couleur doivent alerter.
Quelle différence pour un visiteur entre huile essentielle, hydrolat et eau florale ?
Lors de la distillation, la vapeur entraîne les composés aromatiques de la plante, puis l’ensemble est condensé. Dans l’essencier, deux phases se séparent : l’huile essentielle, très concentrée, et la phase aqueuse aromatique, appelée hydrolat ou eau florale. Pour le visiteur, la différence essentielle est donc la concentration. L’huile essentielle s’utilise avec davantage de précautions, tandis que l’eau florale offre un usage plus doux dans de nombreux cas.
Quel budget prévoir pour rapporter un produit lié à la distillation d’été à Chamaloc ?
Le budget dépend surtout du type de produit choisi. Une eau florale ou un sachet parfumé reste généralement plus accessible qu’une huile essentielle, dont le prix varie selon la plante, le rendement et le volume. Les produits dérivés, comme les savons ou les bougies, permettent aussi de repartir avec un souvenir plus abordable. Pour un premier achat, beaucoup de visiteurs commencent par un petit format ou un produit d’usage quotidien.
Quels diffuseurs conviennent le mieux pour profiter d’une huile essentielle à la maison ?
Pour une diffusion simple et naturelle, trois formats conviennent particulièrement : les diffuseurs à bâtonnets, les diffuseurs fiole avec mèche et les diffuseurs en terre cuite. Chacun offre une ambiance plus douce qu’une diffusion massive. Le choix dépend surtout de l’usage recherché : une pièce de vie, un bureau, une entrée ou une table de nuit. Avec une huile essentielle, mieux vaut toujours commencer par une diffusion modérée et observer le confort olfactif.
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Ce que révèle l’été sur le visage familial de la distillerie
À la fin de l’article, la distillation d’été à Chamaloc apparaît moins comme une image de carte postale que comme une organisation concrète, lisible à hauteur d’atelier. Ce que l’on voit alors, ce n’est pas seulement une saison active, mais une chaîne d’actions coordonnées : arrivée des coupes, chargement de l’alambic, surveillance de la chauffe, circulation de la vapeur, passage par le refroidissement, séparation dans l’essencier, puis conditionnement du distillat et de l’huile essentielle selon leur usage. La dimension familiale se lit dans cette continuité des tâches, dans la répartition des rôles au moment où tout s’accélère, et dans la capacité à tenir un rythme soutenu sans perdre la précision des gestes. L’été rend visible ce que le reste de l’année prépare : une maison inscrite dans la durée, un savoir-faire transmis, et des choix techniques observables sur place, depuis les équipements modernisés jusqu’aux opérations de tri, de contrôle et de stockage menées au fil de la journée.













