Notre Terroir · La Distillerie en famille
Transmission à l’alambic
La transmission familiale prend un visage très concret à Chamaloc : gestes répétés, cadence de récolte, mémoire des anciens et présence de la 5e génération autour de la distillation.
Une maison en héritage
- 1950 : Simon Aubanel investit dans un premier alambic fixe de 500 L, modèle Eysseric, construit à Nyons.
- 1966 : André Aubanel déplace la distillerie à Die et fait évoluer l’outil.
- 1994 : Alain et Cécile Aubanel installent une nouvelle génération d’équipements.
- 2000 : Maxime Mejean rejoint le groupement et prolonge cette continuité.
« Nous en sommes aujourd’hui à la 5e génération ».
Du diois aux pentes du vercors
À Chamaloc, dans le Diois, la distillerie s’inscrit sur les premières pentes du Massif du Vercors, sur un socle calcaire, à environ 800 m d’altitude. Ce cadre n’est pas un simple arrière-plan : il conditionne directement le comportement des deux cultures de la maison, la lavande fine et le lavandin.
- Hivers rigoureux : ils font partie du cycle de la lavande fine, plante adaptée aux zones de 600 à 1 400 m.
- Étés chauds et secs : ils favorisent la concentration aromatique au moment de la récolte estivale.
- Relief de transition : entre ambiance montagnarde et influence provençale, il situe naturellement le lavandin dans sa limite haute, donnée pour 0 à 800 m.
En août, ce contraste climatique devient très concret. La lavande fine, plus liée aux altitudes intermédiaires et à une certaine amplitude thermique, trouve ici un terrain cohérent avec son profil. Le lavandin, hybride naturel de lavande fine et de lavande aspic, reste lui aussi dans une zone compatible avec ses exigences de culture.
Ce terroir doit donc être compris avec précision : il éclaire la place de la lavande fine et du lavandin dans la transmission familiale à l’alambic, sans être étendu, par facilité, aux autres plantes du catalogue.

Le temps des gestes
- Lavande fine : coupe en bouquets, puis préfanage au soleil pendant 1 à 2 jours avant chargement.
- Lavandin : distillation directe en vert, végétal broyé, envoyé sans attente dans les caissons.
- Organisation du chantier : pour le lavandin, 3 personnes suffisent aujourd’hui à faire tourner l’ensemble.
Cette différence de traitement n’est pas un détail. La lavande fine demande une manipulation plus attentive, avec des bottes formées puis déplacées avant la distillation. Le lavandin, lui, suit une logique de flux continu : l’ensileuse coupe, broie et charge directement la matière végétale.
C’est aussi là que se voit la transmission familiale à l’alambic: dans des gestes très concrets, répétés, corrigés, adaptés aux outils disponibles. D’un côté, une récolte en bouquets qui garde la mémoire des pratiques anciennes ; de l’autre, un chantier mécanisé où le chargement rapide conditionne toute la suite du travail.
L’alambic comme école du regard
Autour de la chauffe, l’apprentissage passe d’abord par l’œil. La matière végétale est tassée dans les bennes pour offrir une masse régulière à la vapeur. Pour la lavande fine, un détail revient souvent dans les explications données sur place : un pneu posé sur les bottes permet de mieux compacter l’ensemble avant la distillation. En partie basse, des tuyaux perforés répartissent la vapeur de façon homogène.
- La vapeur traverse la plante. Elle entraîne les composés aromatiques au cœur de la charge.
- Le mélange est refroidi. Il passe ensuite dans le condenseur, où les vapeurs redeviennent liquides.
- La séparation se fait naturellement. Dans le vase florentin, l’huile essentielle se distingue de l’eau florale par différence de densité.
- Lavande fine : en cuve inox, une distillation dure environ 20 à 30 minutes.
- Lavandin : en caisson, il faut compter environ 50 minutes.
- Ce qui se transmet : reconnaître une charge bien tassée, suivre le passage des vapeurs, lire la séparation au vase florentin.
Dans cette transmission familiale à l’alambic, regarder n’est pas passif. Observer une chauffe, c’est apprendre à relier un geste de préparation à un résultat visible, et comprendre pourquoi la visite s’arrête longuement devant les installations en fonctionnement.
Outils vivants et visites
Des alambics anciens aux cuves d’aujourd’hui
Des premiers appareils conservés à l’atelier aux cuves actuelles, l’outil de distillation a surtout été ajusté pour répondre à des usages très concrets : recevoir des volumes variables selon les récoltes, limiter les temps d’attente entre la coupe et la chauffe, et travailler des plantes différentes sans imposer le même format à tous les apporteurs. La présence de plusieurs contenants et d’équipements complémentaires permet ainsi d’enchaîner les lots, de mieux organiser les arrivées et de réserver un circuit adapté aux petites séries comme aux volumes plus réguliers.
- Les cuves inox facilitent le nettoyage, le rinçage entre deux plantes et le suivi de lots distincts, ce qui compte lorsque les récoltes s’échelonnent sur une même période.
- L’échangeur thermique améliore la gestion de la chaleur pendant le procédé et s’inscrit dans une recherche de fonctionnement plus sobre.
- Le condenseur évaporatif participe au refroidissement des vapeurs en fin de parcours, étape décisive pour récupérer correctement l’huile essentielle et l’hydrolat.
- La cuve inox de 1 000 L sert aux petites productions et aux petits cueilleurs, avec un format plus souple pour des apports modestes ou des essais en quantité limitée.
Dans la pratique, ces choix changent le travail quotidien : une plante fraîche peut être prise en charge plus rapidement, les séries sont mieux séparées, et l’atelier peut passer d’une campagne importante à une demande plus ponctuelle sans mobiliser le même dispositif. Cette souplesse compte autant pour la qualité de traitement que pour l’accueil de profils variés : producteurs installés, cueilleurs apportant de faibles volumes, ou lots spécifiques demandant une attention particulière.
La transmission familiale à l’alambic ne consiste donc pas à conserver un outil inchangé, mais à maintenir un savoir-faire en l’outillant correctement. Le passage du cuivre à l’inox, l’attention portée au chauffage, au refroidissement et au dimensionnement des contenants traduisent une même logique : adapter l’atelier aux réalités du terrain, sans rompre avec la fonction première de l’alambic : transformer une récolte en un distillat propre, identifiable et fidèle à la plante travaillée.
Ce que les visiteurs voient vraiment en visitant la distillerie
La visite montre une distillerie familiale active depuis 1930 dans son fonctionnement réel, pas une simple mise en scène. Le parcours guidé dure 1 h; l’atelier de distillation, 2 h; l’atelier d’aromathérapie, 2 h. À cela s’ajoute une balade de 5 km avec 175 m de dénivelé, centrée sur l’histoire du paysage et de la lavande.
- Dans les bâtiments : anciens alambics restaurés, appareils modernes, espace de mémoire de la distillation, repères datés sur l’évolution du site et lecture concrète des outils encore visibles dans les ateliers.
- Dans le déroulé expliqué : calendrier de la saison d’août, provenance des plantes selon les moments de récolte, différences de présentation entre ce qui se voit dans la distillerie et ce qui se comprend mieux pendant la marche dans le paysage.
- Dans les ateliers : observation d’un alambic traditionnel en fonctionnement, dégustation olfactive, manipulation guidée autour des odeurs, et préparation de formules simples selon la trame de l’atelier.
Cette transmission familiale à l’alambic se lit aussi dans ce que le public peut comparer de ses propres yeux : le cuivre ancien et l’inox actuel, l’organisation des espaces de travail, les machines conservées à titre de mémoire et celles encore utilisées, ou encore la manière dont un même lieu fait dialoguer patrimoine technique, activité saisonnière et accueil du public. Le propos reste concret : ce qui est visible, daté et effectivement présenté au public en saison, avec une attention portée aux usages, aux objets et aux gestes commentés sur place plutôt qu’à une démonstration figée.
FAQ sur la transmission familiale à l’alambic
La visite d’1 h suffit-elle pour comprendre la transmission familiale à l’alambic ?
Oui, pour en saisir les repères essentiels : histoire de la maison, anciens alambics restaurés, appareils modernes et grandes étapes de la distillation. En revanche, l’atelier de distillation de 2 h permet d’entrer plus concrètement dans les gestes, avec la cueillette à la faucille, le chargement et l’observation d’un alambic traditionnel en fonctionnement.
Peut-on voir la distillation si l’on vient hors période de récolte ?
Pas toujours dans les mêmes conditions. En août, l’activité est la plus parlante, car récolte et distillation rythment réellement la journée. Hors saison, la transmission familiale à l’alambic passe davantage par la visite des installations, les explications techniques, les anciens matériels restaurés et les ateliers, plutôt que par un chantier en cours.
L’atelier de distillation convient-il à des enfants ou à des grands-parents ?
Oui, le document touristique indique un public de 2 à 99 ans pour l’atelier de distillation. C’est justement l’un de ses intérêts : faire sentir que la transmission familiale à l’alambic ne relève pas d’un discours abstrait, mais d’un savoir visible, raconté et partagé entre générations autour d’un geste concret.
Quel budget prévoir pour découvrir la distillerie en famille ?
La visite guidée est annoncée à 5 € pour un adulte, 3 € pour les enfants de 6 à 17 ans, et gratuite pour les moins de 6 ans. L’atelier de distillation est à 13 € adulte et 9 € enfant. Pour un format plus immersif, la balade guidée est proposée au même tarif que l’atelier.
Faut-il réserver, ou peut-on venir au dernier moment ?
Il est plus prudent de réserver, surtout pour les ateliers. Le document 2026 précise des seuils de maintien selon les activités, avec annulation possible si les inscriptions sont insuffisantes. Pour l’atelier de distillation, deux mentions coexistent : maintien à partir de 12 participants dans une section, et de 4 dans une autre.












